Philippe Jaenada, Le Chameau Sauvage, 1997, Editions Julliard, 382 pages.  

Le Chameau Sauvage de Philippe Jaenada (1997)

Voici l’histoire de Halvard Sanz. Cette histoire est à la fois drôle, triste, burlesque, alcoolisée, loufoque, parsemée de rencontres improbables et belle. Halvard est traducteur. C’est un homme simple, “normal” qui vit à Paris avec sa chatte, Caracas. Halvard a une soeur, une meilleure amie, des conquêtes féminines en tous genres et un penchant pour le whisky. Et plus que tout, Halvard Sanz n’a pas vraiment de bol.

Un jour, il se met en tête de réparer son radiateur de salle de bain, et là c’est le drame : coup de jus. C’est ici que tout commence, c’est de cet évènement que va naître une partie inoubliable de sa vie. Halvard va tomber amoureux de la belle Pollux, passer la nuit au poste suite à un malentendu, devenir pronostiqueur de courses hippiques, partir en vacances en Bretagne bref, vivre des choses hors du commun pour lui.

Quel est le rapport avec un chameau sauvage me direz vous? A priori aucun, mais on fini vite par le comprendre, tout comme Halvard, en lisant le livre.

Philippe Jaenada nous offre avec ce roman une histoire hilarante, narrée avec panache et du style. L’auteur adore la superposition de parenthèses, un peu perturbant au début mais surtout à mourir de rire au niveau de leur contenu. La digression est son fort et surtout celui de son personnage principal. Extrait, Halvard boit un café en fin de dîner avec sa belle :

Si la femme prend un déca, c’est qu’elle refuse le rapport. C’est un signal clair qui lui évite les remarques blessantes (“je ne tiens pas à coucher avec toi car ton physique me gène”) et les explications douteuses (“je t’offrirais volontiers mon corps mais j’ai mes truques” (une demi folle m’avait même annoncé, d’un ton grave et faussement navré, que si elle préférait rentrer chez elle, ce n’était pas que je ne lui plaisais pas, non, que je n’aille surtout pas croire ça, j’étais pas mal, mais malheureusement, elle avait une petite infection - ah zut, dommage)).

Halvard dans toute la splendeur de ses pensées divergentes !

Philippe Jaenada nous raconte donc les péripéties de ce jeune homme, drôle à souhait, penseur, rêveur voire même un peu philosophe. Entre son ange gardien,Oscar, ses divagations, ses murges et ses hontes en chaîne, le personnage est plus qu’attachant et c’est très probable que chacun de nous se retrouve un peu en lui.

Un roman donc à lire pour se marrer, réfléchir à la vie, se détendre, bref à lire un point c’est tout. “Le chameau Sauvage” a même été adapté à l’écran par Luc Pagès avec Gad Elmaleh et Cécile de France (tous deux magnifiques dans ce film) sous le titre “A + Pollux”. (qui est d’ailleurs passé à la télé cet été sur France 3 et disponible dans les meilleures centrales de locations de vidéo et dvd! )

Un dernier petit (grand) coup de Halvard Sanz pour que vous compreniez bien sa façon d’être et de penser : (Halvard essaye de larguer une fille)

J’ai pu changer de sujet en lui disant que, tiens, un camion de pompiers, à chaque fois que je me promenais dans mon quartier et que je voyais un camion de pompiers, un bastion de neurones pessimistes au fond de moi m’avertissait qu’il fonçait droit sur mon immeuble. Toujours j’avais dans un coin de l’esprit la certitude que les braves gars mettaient les gaz et brûlaient les feux rouges, sirène vagissante, pour aller tenter d’éteindre l’incendie qui ravageait mon appartement (une cigarette mal éteinte, le bébé du dessous qui a joué avec des allumettes, ma chatte qui a ouvert le gaz en essayant de grimper sur la cuisinière, un terroriste qui a déposé une bombe sur mon paillasson par erreur). Un jour le bastion de neurones alarmistes avait fait tant d’émules sous mon crâne que je m’étais mis à courir derrière le camion pour en avoir le coeur net - ah non ce n’était pas chez moi. Et les fois suivantes, je m’étais contenté de contrôler le pincement d’angoisse en serrant les mâchoires et en pensant à autre chose (à n’importe quoi, le championnat du monde de boxe, la tapîr de Colombie, les brochettes de lotte, les tableaux de Catherine, les jolies filles, l’hôtel d’Angleterre à Carteret).

Voila, vous voyez le genre ? Ca donne pas envie de lire ses aventures à ce type là ?! Allez zou, chez le libraire !!

Leeloo

 



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