Succube, le deuxième album des Manimal est enfin dans les
bacs. Puissant et gracieusement bruitiste, ce nouveau méfait
se pose en digne successeur d’Eros & Thanathos. Explications
de Ju, chanteur...
Quelles étaient vos intentions lors de l’écriture
et de l’enregistrement de ce nouvel album ?
Nous voulions juste évoluer de façon intelligente.
Nous surprendre, et surprendre l’auditeur. Continuer dans
la lignée du premier album tout en apportant de la nouveauté
sans pour autant passer par la case “changement radical”.
On a donc tenté plus de choses comme mettre plus d’influences
en avant, expérimenter diverses combinaisons... Notamment
au chant, ou j’ai tenté d’apporter plus de nuances
et de couleurs que ne pouvait en avoir Eros & Thanathos. Succube
se veut donc plus réfléchi et plus abouti que son
prédécesseur.
Vous avez encore confié la production à Laurentx
Etxmendi (Gojira)...
Nous avions déjà travaillé avec lui, en effet,
sur le premier album et sur L’ombre et la proie de Psykup.
Donc, on avait confiance. De plus, les Gojira et Laurent sont vraiment
de bons amis. Ils se sont posés en bons techniciens et en
bons conseillers et c’est ce que nous recherchions. On ne
voulait pas d’un “directeur artistique”. Un enregistrement
dans une super ambiance et un super cadre (dans les Landes), au
final...
Chaque titre de Succube est également un titre de
film...
C’est mon côté cinéphile ça ! Je
voulais un fil directeur comme le rapport amour-mort d’Eros
& Thanatos. Chaque titre fait donc référence à
un film. Pas forcément de façon directe, mais il y
a toujours une idée, une métaphore, une situation,
une ambiance en rapport avec un film.
Pourquoi intitulé l’album Succube, puisque
ce n’est pas le titre d’un film ? Un rapport avec Incubus,
le film de Leslie Stevens ?
Là, c’est mon côté romantique (rires)
! Un Succube est un démon qui prend la forme d'une femme
pour séduire un homme durant son sommeil. C’est une
métaphore amoureuse. C’est cet aveuglement, ce sentiment
fort qu’engendre l’amour qui m’intéressait...
Ce côté point de non-retour, comme quand on sait qu’on
est peut-être pas sur la bonne voie, mais ça ne nous
empêche pas de foncer droit dans le mur quand même.
Il y a donc, par la force des choses, un rapport avec Incubus, puisque
c’est, de façon succinte, le thème du film.
Et la voix du succube que l’on entend sur l’album
?
C’est ma soeur, Elodie Cassarigno. Elle est chanteuse lyrique
et possède un large éventail vocal. Elle avait déjà
enregistré avec Psykup, alors quand il a fallu trouver une
voix féminine pour Manimal, on a pas cherché bien
loin.
Side project à la base, vous n’avez pas trop
de difficultés a concilier vos groupes respectifs et Manimal
?
C’est une question d’emploi du temps et de gestion de
planning. Ni plus, ni moins. Lorsque l’une de nos formations
a une actualité, elle prend le pas sur les autres. En ce
moment, nous sommes sur Manimal, mais quand viendra le temps du
prochain album (ou tournée) de Psykup, Brice, Vidda et moi
mettront Manimal en stand-by. Idem pour Ludo avec Leiden.
Comment ne pas entrer dans le même processus de compositions
quand on officie dans plusieurs formations ?
Pour nous, ce n’est pas compliqué. Dans Psykup, je
suis le principal compositeur et je signe la moitié des textes.
Mes compositions sont plutôt axés sur les structures.
Alors que dans Manimal, je ne suis que l’auteur et la musique
est, signé Vidda. Il a une approche un peu plus technique
de la composition. Le style n’est forcément pas le
même...
Propos recueillis par Shen2
pour Pop Corn et Santagore
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