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Review du concert
Jeudi 15 mars, Bulle de Belle-Isle, Châteauroux, Indre. Pas
trop de monde pour le concert des Breuvachons et de Marcel et son
Orchestre, mais quand même.
Les Breuvachons, c’est LE groupe mythique de la région,
qui mélange musique traditionnelle avec de la sauce moderne
et du chant à la punk. Je comprends vite que tout le monde
ou presque est venu pour les supporter, en plus ce soir ils enregistrent
leur premier DVD live et présentent leur second album «
Définitivement Breuv’s ». Et c’est parti
pour une heure et demie de première partie, de vielle à
roue, de cornemuse, de flutiau, de basse et de gratte, entre autres.
Le style des Breuv’s est original, mais manque de guitare
saturées à mon goût. En tout cas l’énergie
est là. Mais, le concert, je ne l’apprécierai
qu’à moitié : la sono n’est pas top, on
ne comprend rien de ce que dit le chanteur, pour les néophytes
comme moi c’est pas toujours évident. Mais pour leur
public, venu en masse c’est que du bonheur, du pogo et de
la danse bras dessus-bras dessous.
Fin de la première partie, je n’en crois pas mes yeux.
La fosse se vide, la moitié des gens s’en vont, ils
ont vu les Breuv’s c’est tout. Tant mieux pour moi,
je serai plus à l’aise pour jumper ! Arrivent enfin
les fous-furieux déguisés, et c’est parti. Une
heure et demie presque deux de show, de pogo, de titres cultes et
de nouveautés, bref, un putain de concert ! (pardon maman
: je voulais pas dire de gros mots.) Parmi les grands moment que
je retiens, tout le monde assis pour que Mouloud nous raconte que
Marine Le Pen est une Holson, la farandole dans tout le public avec
Bouli « la danse la plus conne du monde », les grands
classiques qui déchainent tout le monde « Les neurones
à crête », « Les médiseuses »,
« René » et j’en passe. Bref, on sort de
la épuisé et repus, avec la banane, entre un sentiment
de félicité humoristique et les courbatures de rigueur,
signes d’un concert bien réussi. Et puis on rentre
à moitié sourd, encore mort de rire, ça c’est
bon signe. Alors, par contre attention Marcel, Châteauroux
c’est dans le Berry pas dans le Loir-et-Cher, vous avez failli
vexer les berrichons indépendantistes !

L'interview, Rencontre avec Mouloud (chanteur) et Bouli
(guitariste), Festival Bonjour les Hirondelles, du 15 au 17 mars,
Châteauroux (36)
On les connaît depuis des années, 20 ans qu’ils
abreuvent nos oreilles d’un son entre ska, punk, rock et chansons,
et qu’ils arpentent les routes de France et de Navarre. Marcel
et son Orchestre, c’est huit énergumènes, volontairement
franchouillards originaires du Pas-de-Calais, mais à qui
le bon sens et l’humour ne manquent jamais, surtout dans les
textes. Rencontre après la balance, lors de leur passage
dans le trou du cul de mon monde, Châteauroux.
Comment est né Marcel et son Orchestre, même
si on vous connaît depuis longtemps ?
Il est venu au monde à la fin des années 1980, à
Boulogne sur mer. En fait, le nom existait avant que le groupe ne
se forme. On était une sorte de collectif d’attentats
fantaisistes. On avait surtout envie de s’amuser, on se moquait
vachement des mouvements lycéens de l’époque.
Tu sais, ils avaient tous un look guérilla urbaine et ils
n’arrêtaient pas de hurler « LAISSEZ NOUS FINIR
NOS ETUDES ! ». Nous on était plutôt du genre,
ceux qui sont au fond et qui se marrent comme des baleines ! Alors
on a commencé à manifester pour la suppression de
la moquette murale par exemple, puis on a milité pour avoir
une meilleure arrière-saison dans le Pas de Calais, on en
avait marre du froid. Bon, tout ce qu’on a eu c’est
« L’été indien » de Joe Dassin sur
une radio locale, mais ça nous a fait plaisir !
Au delà de la dérision que vous donnez à
voir et entendre, on se doute que vous êtes un peu punk dans
l’âme quand même ?
Bien sûr ! On vient tous de ce mouvement là, on est
fan de punk et de rock. On croyait que ces mouvements allaient faire
vraiment bouger les choses à cette époque, mais on
s’est vite rendu compte que c’était comme tout
mouvement, très codifié et rempli de stéréotypes.
Genre, si t’es un vrai punk, t’es obligé d’avoir
une crête sur la tête et de dire « destroy »
toutes les deux phrases avec ton jeans déchiré, pareil
aujourd’hui, c’est hyper rock’n roll d’avoir
l’air de se faire chier en soirée et d’avoir
une mèche sur la gueule. Nous on a voulu jouer avec ses codes,
et les envoyer valser. Rien que le nom Marcel c’est un handicap,
ça fait tout de suite groupe de baloches alors qu’on
est plutôt rock’n roll. C’est pour dire aux gens
« méfiez vous des apparences ».
D’où vos fameux déguisements, souvent
imités et jamais égalés ?
Exactement ! Le déguisement, c’est notre exutoire,
on adore ce côté renversement des normes de bonne conduite.
On invite le public à mettre à mal ces codes, à
se lâcher complètement, à venir faire la fête
avec nous. On leur dit « Allez on s’en fout, personne
vous regarde ! » C’est notre signature. On se sert de
l’absurde comme un rempart un peu aussi, et parfois au risque
de passer pour des simplets, mais on s’en fout. Comme disait
Bobby Lapointe « Comprend qui veut, comprend qui peut ! ».
Comment définissez-vous votre style ?
Oh, on est curieux de tout t spécialistes en rien ! Je sais
pas, on fait de la chanson. Mais bon, maintenant y’a une distinction
avec la chanson à textes, pour dire, les autres chansons,
elles n'ont pas de textes, elles disent rien !! C’est n’importe
quoi ! (rires) Enfin, on fait surtout de la musique selon le sentiment
qu’on ressent, genre si on est en colère ça
sera plutôt rock ou punk, et si on veut raconter l’histoire
d’un mec pas doué avec les nanas, on va la faire plutôt
sur un calypso. C’est une question de feeling quoi, mais toujours
dans le délire danse, déconne, dénonce.
La politique c’est un peu une de vos préoccupations
?
Oui, surtout Mouloud. (Il enchaîne) A ce sujet, ce que je
veux dire, c’est qu’on a longtemps dénoncé
le bi-partisme à l’américaine, et c’est
ce qui est en train d’arriver en France en ce moment avec
les présidentielles. Je pense qu’il faut un réveil
de ce côté là, le problème c’est
que plus personne ne s’insurge de ce genre de choses. La démocratie
doit être multiple, sinon on ca droit dans le mur. Alors si
la droite et la gauche c’est effectivement la même chose
comme le disent certains, c’est quoi l’alternative,
le FN ? NON, c’est une véritable dérive.
Après 20 ans de scène, vous avez toujours
le même sentiment au moment de jouer en public, toujours ces
petits guilis dans le ventre ou plutôt une routine qui s’est
installée ?
Oh non pas du tout ! Tu te rends compte, au bout de 20 ans, y’a
encore des tas de gens qui viennent déguisés, pour
faire la fête avec nous ! Comment rester indifférent
face à ça, c’est énorme !!
Enfin, les Fatals Picards à l’Eurovision,
ça vous fait plaisir ? Et à quand Marcel à
l’Eurovision ?
(rires) Non mais nous on peut pas, c’est maximum six sur scènes,
donc bon…Non mais en même temps ça nous arrange
comme ça on nous demande pas d’y aller !! Mais pour
les Fatals c’est génial, ça prouve une certaine
ouverture de la France, et c’est un beau pied de nez aux habitudes
de cette compétition !
Textes et Photo par Leeloo
Merci à Peggy pour son accueil, et à V2 et Méso.
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