Prohom - Interview

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Prohom - Interview

Le phénomène Prohom grandissant, Pop-Corn (journal papier avec du santagore dedans... et inversement) a tenu à en savoir plus sur cette nouvelle génération d’artiste. Rencontre avec un homme qui a la tête bien sur ses épaules...

Deux albums appréciés autant par le public que la critique, c'est quelque chose qui rassure ?

Ça devrait !… Mais j'ai une nature un poil angoissée et un poil insatiable... Côté public, c'est encore "confidentiel", je suis heureux d'être écouté par les gens qui s'intéressent à la musique et au spectacle vivant, qui sortent, qui lisent des fanzines comme Pop-corn ou qui écoutent d'autres radios que les radios mainstream, mais j'aimerai beaucoup que mes chansons atteignent le grand public et pas forcément en passant par la case "single qui passe partout 10 fois par jour" (car ce public jette aussi vite qu'il a pris), mais par une vraie prise de conscience sur le fait que, non, la culture ne se limite pas à la Star Ac et à Michel Sardou. On a déjà fait un pas depuis les dernières victoires de la musique, mais la route est encore longue vu les ventes du dit Michel et les audiences de la dite émission. Côté critique, c'est vrai que sur Peu importe, je ne me suis pas encore fait allumé… inch'allah !…

Comment définirais-tu ta musique ?

C'est de la chanson à texte, posé sur des influences anglo-saxonnes et des arrangements électro-rock (j'ai fait pas mal d'interviews ces derniers temps et je connais ma petite phrase !! ;-))

Pour ce qui est du travail d'auteur, qu'est que qui t'inspire le plus ? L'entourage ? L'actualité ? L'humain ?…

Les trois... j'écris aussi quand je me prends en flagrant délit de connerie absolue quand je m'énerve par exemple... Je me déteste quand je m'énerve ! C'est quand même l'être humain et ses travers qui m'inspirent le plus !

Tu écris pour d'autres personnes, comme Olivia Ruiz, est-ce un travail plus complexe que si tu composais pour Prohom ?

Oui, c'est difficile. Olivia, j'ai eu le temps de parler avec elle et de répondre à une demande précise. Je n’ai écrit que Pas si vieille en commande, car Enervé était déjà fini, elle m'a juste demandé de le chanter. Mais c'est un exercice qui ne m'a apporté presque que des rateaux pour l'instant, et cela malgré tous les efforts que j'ai pu faire. Je ne suis pas un auteur prolifique comme Chet qui écrit énormément ; je ne me considère pas comme un auteur mais plutôt comme un type qui écrit ce qu'il pense quand il en a besoin. C'est un exercice qui est un challenge alors je continue à accepter les propositions et à essayer ; je compte bien progresser doucement !

Comment choisis-tu les personnes pour lesquels tu écris ?

En fonction du respect que j'ai pour ces personnes ou pour leur travail. J'ai accepté pour Olivia, mais j'ai refusé pour tous les autres (Star Ac and co). J'ai écrit cet été pour un groupe qui me plaît et qui n'est pas signé. On m'a demandé des textes pour Juliette Gréco, mais j'ai pas osé (à tord) envoyer ce que j'avais écrit... Récemment on m'a demandé des chansons pour Enrico Macias, je n'ai pas encore commencé (manque de temps) mais j'aimerai beaucoup réussir à écrire un truc qui lui plaît (là y a du challenge quand même !). C'est très difficile de faire abstraction de son propre univers et de se dire qu'on se met au service d'une autre personne. Idéalement, à aucun moment il ne faut se dire que c'est la honte d'écrire ça ou ça ; il faut bien réussir à mettre un peu de côté ces goûts personnels pour être complètement au service du futur interprète de la chanson. Pour moi ce n'est pas encore évident...

Ecrire pour les autres te permet-il d'aborder des sujets que tu n'aurais pas pu faire avec Prohom ?

C'est pas tellement des sujets que je n'aurai pas pu faire mais plutôt des sujets que je n'ai pas envie de développer. Prohom, c'est moi, c'est mon projet et il m'est très personnel. Je ne raconte, pour l'instant, pas beaucoup d'histoires inventées ou en tout cas ça n'est jamais innocent). Je préfère chanter ce qui me paraît indispensable. Un jour, peut-être, je chanterai des chansons plus légères qui raconteront l'histoire d'une abeille qui trouve son petit bourdon.... Aujourd'hui je n'ai pas envie de ça... mais ça peut changer qui sait…

Il y a une bonne part d'électro dans ta musique et on a le sentiment (à Pop-Corn en tout cas,) que tu réinventes la chanson française en mariant le verbe réaliste aux musiques actuelles. Tes influences sont-elles aussi importantes chez Brassens, Brel, Dimey. que chez Ez3kiel, High Tone?

Marier le verbe réaliste aux musiques actuelles … c'est bien vu ça ! C'est ce que je vais dire dans mes interviews maintenant ! J'ai écouté de l'electro à une époque mais c'est de plus en plus rare... en fait ça m'ennuie aujourd'hui... j'ai besoin d'une voix, d'un format pop, concis, qui te balance un truc fort à la gueule. J'ai pas envie d'écouter un mec qui se masturbe sur son ordinateur. Evidemment, certaines productions sortent du lot (c'est une histoire de goût et ça n'est que mon avis) et je tiens mes oreilles au courant de ce qui se passe, mais je n'en écoute presque plus chez moi … Quand à la chanson Française, je n'en ai jamais écouté ! Tu vas peut-être être surpris, voire déçu, mais je ne sais pas qui est Dimey (ça me dit vaguement quelque chose...) et le seul et premier disque de chanson française que j'ai jamais acheté est le dernier album de Miossec (ce à quoi on me réponds en général qu'il faut que j'écoute les autres car celui-là est moins bien !!!) J'ai été élevé au Rock'n roll, à la variété américaine des années 70, (par mon père qui se prenait un vent à chaque fois qu'il tentait de poser un disque de musique classique ou de chanson sur la platine), puis au hard-rock et enfin à la musique Anglaise à l'adolescence.

Qu'est-ce qui est le plus jouissif dans ta vie d'artiste ? Ecrire, tourner, enregistrer… ?

Tout est jouissif mais c'est quand je compose, écris, arrange et enregistre seul chez moi que je me sens le mieux. La scène c'est un truc vraiment fabuleux où tu as l'impression de vivre ta vie à 2000% et j'adore ça. Mais c'est vraiment épuisant nerveusement et physiquement. L'état dans lequel je suis avant de monter sur scène n'est pas agréable du tout (gros trac) et l'état dans lequel je me mets quand j'en sors est éprouvant sur le long terme !!!…

Depuis peu, on t'entend pas mal sur les ondes, tu tournes pas mal, tu as sorti ton 2e album en mai dernier,… Comment vois tu Prohom dans 10 ans ?

Mon objectif a toujours été de produire et réaliser des albums pour les autres. J'ai commencé la musique en me disant que je serai un jour producteur. Dans 10 ans j'ai envie d'avoir un label et de réaliser les albums des groupes que j'aime. Je pense que je continuerai aussi à chanter mes propres trucs... enfin j'imagine... je ne sais pas... oui sûrement...

Propos recueillis par Shen2

 

   
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