| 
On ne connaissait pas Sleep Talker, et nous sommes ravi d’avoir
découvert ce groupe aux talents plus que prometteurs. Seb,
l’un des piliers du groupe répond à nos questions...
Peux-tu nous faire un petit historique du groupe...
Mi-2003, lorsque l'activité de mon autre groupe, Call Me
Loretta, s’est réduite, j’ai décidé
de former un nouveau groupe sans basse avec Rémi et Nicolas
d’Eyelash Pulse et Jean qui étaient tous disponibles
et motivés. Nous essayons de jouer une musique 'indie-pop-rock'
instrumentale et efficace dotée d'un son singulier, notamment
grâce à l’originalité d’une guitare
octave qui se substitue à l’habituelle basse.
Vous sortez votre 1er album sur Deadbees record, le 6 juin
et vous ouvrez pour Brian Johnston Massacre, qui est sur le même
label, la veille aux Vents du Sud. Comment s'est faite la rencontre
avec le label ?
En fait, c’est très simple: je suis un des fondateurs
du label. En 2003, j’ai décidé, avec Seb (The
Nova Express, Fuck Buddies) de créer un label car aucune
structure française ne voulait ou ne pouvait sortir le ep
de Nova Express et Crosswind de Call Me Loretta. Pierre, qui s’occupe
aujourd’hui du label au quotidien, s’est immédiatement
intéressé et joint à ce projet, en apportant
en plus la volonté de proposer au public français
des albums de groupes étrangers non distribués en
France comme l’était Brian Jonestown Massacre avant
la sortie du film Dig.
Album en majeure partie instrumentale, vous invitez les
auditeurs à travailler sur des paroles. Quel est le but de
la manoeuvre ?
Nous invitons les auditeurs non seulement à écrire
des paroles mais surtout à trouver des chants, à les
enregistrer et à nous les envoyer. Nous considérons
nos titres comme des ‘works in progress’ et espérons
sortir à nouveau notre premier album avec des chanteurs(euses)
différents sur chaque chanson. Si vous voulez participer,
n’hésitez pas à nous contacter…
On sent dans votre musique une approche très "roots
et rock'n'roll" du son et un certains état d'urgence.
Comment s'est passé l'enregistrement de ce premier album
?
Nous avons enregistré live et mixé 18 titres au studio
Amanita à Biarritz avec Stephan Krieger afin de reproduire
le dynamisme et l’urgence des concerts et des répétitions.
Je voulais absolument être détaché de notre
contexte quotidien, que l’on se retrouve isolés et
concentrés car nous ne disposions que d’une semaine
et il était évident que cet enregistrement allait
être intense.
Il y a énormément d'influences anglo-saxonnes
dans votre musique. Quelles sont-elles et à quels autres
types de musique êtes-vous sensibles ?
Quand on nous demande quelles sont nos influences, nous répondons
habituellement : Epicure, Eric Cantona, Mr Mannhattan, Mind Twist,
Anna Cruz et Jake La Motta, mais, puisque tu parles d’influence
musicales, les nôtres viennent, en effet, majoritairement
de l’indie-pop-rock américain avec Sonic Youth en tête
de file, puis des groupes comme Polvo, Fugazi, Unwound ou encore
Deer Hoof. Nous n’écoutons pas seulement du rock indépendant
et nous sommes tous ouverts à des styles de musique différents
(jazz, classique, hip-hop, etc.) J’aime à penser que
certains livres et certains films ont également une influence
sur nos chansons même si nous jouons sans aucun sample.
Quels sont vos disques de chevet et ceux que vous écoutez
en ce moment ?
La liste de nos disques de chevet serait bien trop longue, un peu
à l’image des albums qui tombent des piles de cds trop
volumineuses qui peuplent ma chambre… En ce moment, Jean passe
de Nirvana à Rachmaninov, Rémi et Nico sont bloqués
sur le nouveau Tool et j’écoute beaucoup le dernier
Black Heart Procession qui est fabuleux, Jenny Dalton et un groupe
de hip-hop russe nommé Raby Lampy.
Vos chansons sont construites un peu comme des road-movies
au cinéma. Une section rythmique qui parcourt tout un chemin
de façon constante sur laquelle se greffent de petites histoires,
en l'occurence des mélodies 6 cordes. Comment composez-vous
et structurez-vous ces chansons ?
Merci pour le compliment ! En fait, tout se déroule en répétition
: j’amène un ou deux riffs à la guitare octave
et les autres trouvent leurs parties en improvisant dessus. Les
structures viennent aussi en répétition. Nous essayons
de composer des morceaux courts et efficaces pour ne pas tomber
dans certains travers du post-rock. Tout en ayant le souci de conserver
une rythmique dynamique, nous aimons entremêler des lignes
de guitares pour faire surgir en filigrane des mélodies cachées.
Je propose un titre selon ce que l’atmosphère des morceaux
m’inspire. Les parties ne sont jamais figées et peuvent
évoluer jusqu’à l’enregistrement.
Quels sont les principales qualités et défauts
de Sleep Talker ?
Il paraîtrait que nous avons de légers problèmes
rythmiques mais bon, nous sommes sympas, nous sommes des épicuriens
(même si notre batteur est encore apprenti dans ce domaine),
nous nous adonnons aux plaisirs de la coriandre et de l’aneth
tout en pesant moins de 150 kilos à nous quatre et nous faisons
chanter les jeunes issus de groupes défavorisés, bref,
que du bonheur!
Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Pour le moment, nous sommes concentrés sur la sortie imminente
de l’album et sur la première partie de Brian Jonestown
Massacre. A la rentrée, nous espérons faire une série
de concerts en France et à l’étranger. L’album
devrait également sortir en Russie plus tard dans l’année,
ainsi qu’un split avec le groupe Jumbo Jet. Pour ce qui est
du ‘work in progress’, nous avons déjà
des propositions et des promesses de collaboration. Nous espérons
donc recevoir les premières pistes chant prochainement et
pourquoi pas sortir une version chantée de notre album courant
2007.
Propos recueillis par Shen2
pour Pop Corn et Santagore
|