
Pour la sortie de leur album "Scars are reminders", les
Uncommonmenfrommars ont entreprit une tournée
hallucinante de 50 concerts en 50 jours. Rencontre avec Motor Ed,
guitariste-chanteur du groupe...
50 dates en 50 jours... A quoi vous tournez pour tenir
le choc et ne pas tomber dépuisement ?
Partir en tournée est la raison pour laquelle on fait de
la musique. Se taper 50 dates en 50 jours c’est un peu comme
se goinfrer de notre plat préféré, et on est
boulimiques ! Le fait de partir avec des amis (les Burning heads)
rajoute bien sûr encore plus de plaisir et de fun. C’est
sûr qu’il y a des réveils plus difficiles que
d’autres, et que certaines «afters» laissent des
encoches sur le pare choque mais le seul vrai truc pour tenir le
coup est le repos. Lorsque nous consommons alcool ou drogues, c’est
uniquement pour la fête et pas pour «tenir le coup»
!
Votre dernier album s’intitule Scars are reminders.
Quelles sont les cicatrices d’Uncommomenfrommars ?
On se fait des cicatrices tous les jours, on fait des erreurs, on
tombe, on se blesse, et on apprend de nos erreurs pour ne pas les
reproduire. Ces 2 dernières années, il y en a eu un
peu plus que d’habitude ! On a le sentiment d’avoir
beaucoup appris depuis Noise pollution, on a beaucoup tourné,
fait des rencontres importantes… Il y a aussi eu des séparations.
On a quitté Wagram pour reprendre pleinement les manettes
du groupe. On en a eu marre d’avoir a se battre pour faire
passer nos idées et se voir tout refuser. On a donc produit
cet album nous-même dans les conditions que nous avons choisi,
et c’est le label at(h)ome qui l’a sorti en France.
Vous avez encore enregistré avec Ryan Greene. Quels
sont les qualités du bonhomme pour que vous rempiliez avec
lui si souvent et qu’est ce qu’il apporte au groupe
?
Ryan est un ami. On a si souvent travaillé avec lui qu’il
fait partie du son du groupe. Il nous apporte beaucoup de rigueur,
et il a beaucoup d’idées qui nous correspondent, on
est sur la même longueur d’onde et on apprend beaucoup
avec lui. Enregistrer ensemble est toujours un plaisir, et à
chaque album, on est de plus en plus satisfaits du résultat.
Sa façon d’enregistrer et de mixer est assez radicale,
et ça on aime ! Il a été souvent imité,
mais jamais égalé !
Sur 4 musiciens, il y a 3 frères d’origine
américaine. Quelle incidence cela a-t-il sur vos influences
musicales ?
Au départ, nos influences étaient exclusivement anglophones,
puisque nous sommes nés et avons grandis aux Etats-Unis,
mes frères et moi. C’est en faisant des tournées
et des rencontres avec des formations comme Seven Hate, Greedy Guts,
Burning heads… qu’on s’est fait notre culture
musicale Française. Ces groupes font toujours partie, d’une
manière ou d’une autre, de nos influences même
si nos principales références restent anglo-saxonnes.
Comment définiriez-vous Scars are reminders, par
rapports à vos précédents albums ?
Comme je le disais précédemment, on a acquis énormément
d’expérience en peu de temps. Les nouvelles influences
qui ne cessent de s’ajouter, les rencontres et les longues
tournées ont fait que cet album ne ressemble pas a nos autres
disques, qui je pense ne se ressemblent pas non plus… On a
laissé plus de place à la spontanéité,
on avait moins de temps pour la phase d’écriture cette
fois. On aime essayer de faire des morceaux qui ne sonnent pas comme
ce que l’on a pu faire avant, les morceaux pop sont plus pop,
et les morceaux punk-rock sont plus punk-rock… Il y a eu aussi
toute cette atmosphère de changements et d’incertitudes
dans l’entourage du groupe pendant la composition des morceaux,
ce qui nous a sans doute influencé On est très fiers
du résultat, on a mis beaucoup de nous-mêmes dans ce
disque.
Ou vous sentez vous le mieux, ici ou de l’autre côté
de l’Atlantique ?
Chez nous, c’est en France, mais à chaque fois que
l’on retourne aux Etats-Unis, c’est un peu comme si
on rentrait à la maison ! On a beaucoup déménagé
durant notre enfance, et on n’a jamais vraiment eu l’impression
d’être à notre place. Aux Etats-Unis on nous
appelait «les Frenchys» et en France «les Amerlocs»!
Mais l’avantage de tout ça est que maintenant on se
sent chez nous partout !
Votre sélection musical du moment ?
C’est une question délicate parce que nous écoutons
tous des choses différentes… Mais en ce moment, dans
le camion, on écoute entre autres : Dirty Fonzy, Ramones,
Leptik Ficus, Greedy Guts, Nofx, Hundred Reasons, Sleepers, Stiff
little fingers, Lemonheads, Propagandhi, Johnny Cash, 7 Seconds,
Groovie Ghoulies, Le Volume était au Maximum, Sceeching Weasel,
Hot Water Music, Bad Chickens…
Vous ne parlez jamais politique dans vos chansons. On aimerait
quand même savoir quels sont vos combats ?
Nous ne sommes pas politiciens, nous sommes un groupe de rock. La
politique a toujours été, et est toujours très
présente dans le punk rock, et c’est important qu’elle
le reste. Mais si tous les groupes de punk ne chantaient plus que
des chansons sur la politique, je pense que ça deviendrait
très vite casse couilles ! Certains de nos groupes préférés
sont ultra engagés, comme Propagandhi, Dead Kennedys, Strike
Anywhere, Burning Heads… mais on aime aussi l’esprit
crétin des Ramones, Vandals, Toy Dolls, The Briefs…
Certains groupes tombent malheureusement vite dans la démagogie
en s’essayant aux textes engagés par mode ou pour ressembler
à leur groupe préféré, ce que nous avons
toujours refusé. Nos textes sont plus introspectifs, nous
écrivons sur nos vies, et celles qui nous entourent et qui
nous inspirent, sur nos expériences, nos déceptions,
nos «cicatrices»… S’il devait en ressortir
un message de tout ça ce serait de décider soi-même
de la direction que prends ta vie, sans tenir compte des règles
que l’on t’impose dès que tu sors de chez toi.
De combattre les réactions agressives de ceux qui sont tellement
encrés dans la norme, qu’ils ne supportent pas que
l’on puisse avoir une autre vision de la vie, un autre style
de vie que celui que l’on nous impose à l’école.
Par contre, par le biais du groupe nous soutenons volontiers des
associations, ou des organisations militantes lorsqu’on nous
le demande. Récemment nos amis des groupes Dirty Fonzy et
Condkoï ont monté un collectif dont nous faisons partie,
qui s’appelle «plein les urnes» (http://www.myspace.com/pleinlesurnes)
dont un des buts est d’éviter la déferlante
Sarko/LePen aux prochaines élections… Il y aura un
site Internet qui sera un lieu de débat, d’information,
d’échange pour aider a faire prendre conscience de
la préoccupante situation politique actuelle. Les membres
des groupes participant pourront également commenter régulièrement
l’actualité, soumettre des idées, des pensées
etc…
ça fera 10 ans l’année prochaine que
le groupe existe. Vous prévoyez quelque chose pour fêter
l’événement ?
Repeindre ma voiture et offrir un chapelet à Mama.
Propos recueillis par Shen2
pour Pop Corn et Santagore
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