Rick Rubin : Portrait

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Rick Rubin

Derrière une barbe de hippie façon Ben & Jerry’s, se cache l’une des rares personnes à avoir jalonné l’histoire de la production ces 20 dernières années avec de grands succès dans plusieurs styles différents.

Rick Rubin est la définition même du producteur. Ce n’est pas la prise de son qui l’intéresse mais la direction artistique. Son rôle est d’accompagner et de pousser les artistes vers la façon la plus simple, la plus directe et la plus aboutie d’exprimer leur musique. C’est donc dans la période de pré-production qu’il est le plus présent. C’est là qu’il dessine la vision globale de l’album. Une fois cette étape réalisée, l’enregistrement en studio n’est plus que la matérialisation de sa vision, et il le confie en général à un autre ingénieur du son. Ce sont ces qualités de meneur de troupes qui lui ont permis de se faire un nom, avec des artistes tels que les Beastie Boys, Slayer, Red Hot Chili Peppers ou System Of A Down. De la création de Def Jam, à la paternité de la fusion rap/rock en passant par le trash metal et la country, revenons sur la carrière d’un des plus grands producteurs actuels.

LL Cool J

C’est en 1984 que Rick Rubin fit une entrée fracassante dans le milieu de la musique en produisant 3 disques qui allaient marquer le début du Hip Hop : le single ‘It’s yours’ de T La Rock et Jazzy J, le single ‘Rock Hard’ des Beastie Boys puis l’album ‘Radio’ de LL Cool J.

Ces trois disques furent les premiers à sortir sur le label qu’il venait de créer avec son ami Russell Simmons, et dont le nom est aujourd’hui connu de tous : Def Jam.

En 1986 Rick Rubin se lance dans la production simultanée de deux albums que tout semble opposer. D’un coté ‘Reign In Blood’ de Slayer, un brûlot speed metal avec des paroles d’une violence rarement atteinte, creusant sa voie entre le punk rock et le thrash metal, et de l’autre l’album ’Licensed to ill’ des Beastie Boys, qui deviendra le premier album de rap à atteindre la première place des ventes aux US, et dont Rubin est co-auteur.

Il réalise par la suite le cross over de ces deux styles en demandant à Kerry King (Slayer) de jouer un solo sur le titre ‘No Sleep till brooklyn’ des Beastie.

Slayer - Reign In Blood
Beastie Boys - Licensed To Ill

C’est avec cet album que le Hip Hop va enfin toucher le grand public, offrant la reconnaissance au groupe et à ce jeune producteur. Ce disque est un tel succès que Madonna leur offre la première partie de son ‘Like A virgin Tour’ et c’est Rick Rubin lui-même qui jouera le rôle de DJ sur scène sous le nom de DJ Double R durant cette tournée.

Toujours la même année, il produit l’album ‘Raising Hell’ pour Run-DMC qui va devenir le premier album rap à être certifié disque de platine (3 millions d’exemplaire) et cela en grosse partie grâce à la reprise ‘Walk this way’. Encore une fois, c’est Rick qui proposa ce mélange entre le rock et le rap et donna ainsi un second envol à Aerosmith, à cette époque en perte de vitesse.

En 1987 il réalise l’album ‘Yo! Bum The Show’ de Public Enemy. Premier album d’un groupe qui allait devenir une légende. Mais le départ des Beastie Boys cette même année de l’écurie Def Jam le pousse à quitter le label qu’il avait créé. Il monte alors un nouveau label appelé Def American Recordings, qui deviendra plus tard American Recordings.

Dans les années qui suivent il travaille avec de nombreux artistes, dont certains qu’il connaît bien comme Slayer et Danzig.

Public Enemy
Red Hot Chili Peppers

En 1991 il produit un album essentiel : ‘Blood Sugar Sex Magik’ des Red Hot Chilli Peppers et est reconnu comme étant responsable de leur évolution vers des morceaux plus directs, où la basse de Flea se met au service des morceaux et où Anthony Fieldis assume mieux son chant, jusqu’à accepter d’enregistrer ’Under The Bridge’, un morceau qu’il ne pensait pas utiliser avec le groupe.

La reconnaissance de ses pairs se fera en 1993 lorsqu’il réalise ‘Wandering Spirit’ pour Mick Jagger puis ‘Ballbreaker’ en 1995 pour AC/DC.

C’est en 1998 qu’il signera sur son label le groupe System Of A Down, dont il produira le premier album, mais laissera le mixage à David Sardy qui délivrera un album plus brut et sans fioriture. Chose qu’il ne refera pas sur ‘Toxicity’ en 2001, puisqu’il s’occupera lui même du mixage et travaillera longuement avec le groupe pour développer une production beaucoup plus ambitieuse, avec de nombreux arrangements et une mise en avant des qualités vocale du chanteur Serj Tankian.

En 2001 ce sera au tour du groupe Rage Against The Machine d’enregistrer l’album de reprise ‘Renegades’.

System Of A Down

On entend encore son nom l’année suivante, lorsque le groupe déclare que c’est Rick qui leur donna l’idée de prendre Chris Cornell (Soundgarden) au chant afin de remplacer Zach de la Rocha. C’est tout naturellement lui qui produira le premier album de cette nouvelle formation : ‘Audioslave’ (2002). Toujours sur son label, il signe et produit les petits protégés de Slipknot : American Head Charge avec l’album ‘The War Of Art’.

En parallèle il produit le dernier album de Johnny Cash avant son décès : ‘American IV : The Man Comes Around’ et reçoit pour ce dernier, le Grammy du meilleur album Country.

En 2003, il prend la succession de Ross Robinson avec les rescapés d’At the Drive-in sous le formation The Mars Volta et l’album ‘De-Loused in the Comatorium’.

Il en fera de même l’année suivante avec le troisième album des 9 masqués de l’Iowa et son ‘Vol 3 (The subliminal verses)’. Enfin en 2005 il utilise son don d’ubiquité en réalisant ‘Make Believe’ pour Weezer, ‘Mezmerize’ et ‘Hypnotize’ pour System Of A Down, ‘Out of Exile’ pour Audioslave, ‘Fijacion Oral 1’ et ‘Oral Fixation 2’ pour Shakira et ‘Harmonies For The Haunted’ pour Stellastarr*.

Mars Volta

Par Raoul D.

Discographie :

T La Rock and Jazzy J (single) – ‘It’s Yours’ (1984)
Beastie Boys (single) – ‘Rock Hard’ (1984)
LL Cool J – ‘Radio’ (1984)
Beastie Boys – ‘License to Ill’ (1986)
Slayer – ‘Reign in Blood’ (1986)
Run-D.M.C – ‘Raising Hell’ (1986)
The Cult – ‘Electric’ (1987)
Public Enemy – ‘Yo! Bum The Show’ (1987)
Slayer – ‘South of Heaven’ (1988)
Danzig – ‘Danzig’ (1988)
Slayer – ‘Seasons in the Abyss’ (1990)
Danzig – ‘Danzig II: Lucifuge’ (1990)
Slayer – ‘Live: Decade of Agression’ (1991)
Red Hot Chili Peppers – ‘Blood Sugar Sex Magik’ (1991)
Danzig – ‘Thrall: Demonsweatlive’ (1993)
Mick Jagger – ’Wandering Spirit’ (1993)
Slayer – ‘Divine Intervention’ (1994)
Johnny Cash – ‘American Recordings’ (1994)
Danzig – ‘Danzig 4’ (1994)
Red Hot Chili Peppers – ‘One Hot Minute’ (1995)
AC/DC – ‘Ballbraker’ (1995)
Slayer – ‘Undisputed Attitude’ (1996)
Slayer – ‘Diabolus in Musica’ (1998)
System Of A Down – ‘System Of A Down’ (1998)
Red Hot Chili Peppers – ‘Californication’ (1999)
Rage Against The Machine – ‘Renegades’ (2000)
Johnny Cash – ‘American III : Solitary Man’ (2000)
System Of A Down – ‘Toxicity’ (2001)
Krishna Das – ‘Breath Of The Heart’ (2001)
Soul Williams – ‘Amethyst Rock Star’ (2001)
Red Hot Chili Peppers – ‘By The Way’ (2002)
Johnny Cash – ‘Unchained (2002)
Audioslave – ‘Audioslave’ (2002)
System Of A Down – ‘Steal This Album!’ (2002)
Johnny Cash – ‘American IV : The Man Comes Around’ (2002)
The Mars Volta – ‘De-Loused In The Comatorium’ (2003)
To My Surprise – ‘To My Surprise’ (2003)
Jay-Z – ‘The Black Album’ (2003)
Paloalto – ‘Heroes and Villains’ (2003)
Manmade God – ‘Manmade God’ (2003)
Rage Against The Machine – ‘Live At The Grand Olympic Auditorium’ (2003)
Slipknot – ‘Vol. 3 (The Subliminal Verses)’ (2004)
Sheryl Crow – ‘The Globe Sessions’ (2004)
Weezer – ‘Make Believe’ (2005)
System Of A Down – ‘Mezmerize’ (2005)
System Of A Down – ‘Hypnotize (2005)
Shakira – ‘Fijacion Oral 1’ (2005)
Shakira – ‘Oral Fixation 2’ (2005)
Stellastarr* - ‘Harmonies For The Haunted’ (2005)

Albums chroniqués :

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