Ross Robinson : Portrait

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Ross Robinson

Peu de producteurs peuvent se vanter d’avoir participé à la création d’un style de musique ces dernières décennies dans le monde du Rock. Et si Ross Robinson peut s’en prévaloir (bien que cela lui ait plus porté préjudice par la suite) il le doit à sa forte personnalité qui marque à vif les groupes qu’il enregistre. Et c’est sûrement son caractère trempé qui fait de lui l’un des rares producteurs dont le statut a dépassé le cadre, souvent intime, de sa profession.

Détente

Comme beaucoup d’ingénieur du son, Ross Robinson a commencé comme musicien. Il était guitariste au sein du groupe de metal Détente qui ne sorti qu’un album intitulé ‘Recognize No Authority' en 1986.

Puis il forma le groupe de speed metal : Catalepsy qui devint Murdercar et dans lequel on pouvait retrouver Dave McClain (Machine Head). Mais se sentant limité au niveau de son jeu de guitare par rapport à ses exigences, il se tourna vers la production et fit sers premiers pas au travers de l’album de WASP « The Crimson Idol » en 1992.

En parallèle de cela, il se lança dans la production d’une démo de 18 titres pour un jeune groupe qu’il venait de découvrir : Fear Factory. Mais des problèmes d’ego mirent les relations à mal et la production de leur premier album ne lui revint pas (RoadRunner l’a finalement sorti en 2002 sous le nom ‘Concrete’). Il effectua également des démos pour une autre de ses découvertes : Deftones et leur permit de se faire signer. Mais c’est avec Korn qu’il eut enfin l’occasion de concrétiser son travail en aboutissant un album.

Sur cet album éponyme ‘Korn’(1994), Ross Robinson va définir sa marque de fabrique : une musique violente où les musiciens sont à fleur de peau (Jonathan Davis déversant sa peine et ses larmes sur ‘Daddy’) et où la justesse n’est pas le but mais la performance et par ce biais, la captation de moments uniques en émotions.

Korn
Sepultura

Là où le numérique prend son envol et déclenche une course à la production léchée, il fait encore la différence en travaillant en analogique. Tout est enregistré sur bande et le mixage se fait en ‘live’, sans automatisation des volumes, comme dans les années pré 80, dans le studio ‘Indigo ranch’ immortalisé par une chanson du premier album de Limp Bizkit et visible dans la video ‘Who then now’ de Korn.

Il remet le couvert pour l’album ‘Life is Peachy’ (1996) et cela lui ouvre la porte sur une collaboration qui restera l’une des plus aboutie avec le groupe Sepultura pour lequel il réalisera l’album ‘Roots’ (1996). Un son tribal (qu’il continuera de développer avec Max Cavalera dans son projet solo ‘Soulfly’ en 1998) et des morceaux exceptionnels permettront de créer une ambiance rarement atteinte sur un album de metal.

L’année suivante ce sera au tour des petits protégés de Korn, de travailler avec le producteur. L’album de Limp Bizkit, ‘Three dollar bill, y’all’ (1997) lancera définitivement le mouvement neo-metal. Sa renommé grandissante lui permettra également de faire signer le groupe Coal Chamber. L’année suivante il enregistrera un titre pour le groupe Snot que l’on retrouvera sur la BO du film Strangeland. Le morceau ‘Absent’ est le titre phare de ce disque et ce trouve être le dernier du groupe puisque le chanteur Lynn Strait décédera cette même année.

Fort de ses divers succès il sera approché par Vanilla Ice qui, sentant le filon venir, lui demandera une production et une aide à la composition. ‘Hard to swallow’ (1998) le fut également pour Ross (!) qui après cela se détacha de ce mouvement.

Vanilla Ice
I Am Recordings

Il lança tout de même sa dernière bombe l’année suivante avec la bande de l’Iowa : Slipknot.. Déferlante de rythmiques, sons de cymbales et de voix saturées, violence des tempos et des textes. L’écoute des démos précédant cet album montre l’importance qu’il a joué dans la réalisation de ce cauchemar masqué.

A partir de là, son nom est définitivement gage de succès commercial et Virgin ne s’y trompe pas en lui offrant la distribution de son label ‘I am Recordings’ et le laissant maître du choix des ses artistes.

Malheureusement pour eux, c’est à ce moment qu’il se détourne de ce style de plus en plus rentable. 1999 sera l’année des retrouvailles. Avec, tout d’abord, son vieux complice Dave McClain sur l’album ‘The Burning Red’ (1999) de Machine Head puis avec Casey Chaos sur ‘Amen’ (1999). Cet album marquera le début d’une collaboration avec divers groupes punk ou partageant cette éthique.

Une recherche d’authenticité qu’il avait perdu au cours des dernières années dans un style débordant trop sur le business à son goût. Il sortira donc en 2000 deux très bons albums dont ‘Everything you ever wanted to know about silence’ de Glassjaw et surtout ‘Relationship of Command’ d’At the drive-in.

At The Drive In
The Cure

C’est avec cet album, que le groupe déjà bien connu de l’undergroud touchera le grand public. Il s’en suivra quelques productions encore plus intimistes (Blood Brothers ‘Burn Piano Island Burn’ 2003), quelques suites (Amen ‘We have come for your parents’ 2000, Soulfly ‘Primitive’ 2000, Slipknot ‘Iowa’ 2001, Glassjaw ‘Worship and Tribute’ 2002) et quelques ratés avoués (Vex Red ‘Start with a strong and persistant desire’ 2002).

Derniers faits marquants en 2004 lorsqu’il produit l’album de ses idoles The Cure, un disque éponyme salué par la critique. Robert Smith a avoué que c’est l’engouement de Ross qui l’a poussé à faire cet album. Moins salué, 2005 verra le retour de Ross derrière la console de Limp Bizkit avec ‘The Unquestionable Truth Part 1’. Et enfin quelques titres sur l’album de Team Sleep (2005) sur lequel il retrouve Chino Moreno.

Par Raoul D.

Discographie :

WASP – ‘The Crimson Idol ‘ (1992)
Deftones (K7 démo ‘Root’) – ‘Root’ ‘Nosebleed’ (1994)
Deftones (K7 démo ‘7 words’) – ‘7 words’ ‘teething’ (1994)
Korn – ‘Korn’ (1994)
Phunk Junkeez – ‘Injected’ (1995)
Manhole (devenu plus tard Tura Satana) – ‘All is not well’ (1996)
Korn – ‘Life is Peachy’ (1996)
Sepultura – ‘Roots’ (1996)
Limp Bizkit – ‘Three dollar bill, y’all’ (1997)
Human Waste Project – ‘e-lux’ (1997)
Cold – ‘Cold’ (1998)
Soulfly – ‘Soulfly’ (1998)
Strangland (BO du film) – ‘Absent’ de Snot (1998)
Vanilla Ice – ‘Hard to Swallow’ (1998)
Slipknot – ‘Slipknot’ (1999)
Machine Head – ‘The Burning Red’ (1999)
Amen – ‘Amen’ (1999)
Glassjaw – ‘Everything you ever wanted to know about silence’ (2000)
At the drive-in – ‘Relationship of command’ (2000)
Soulfly – ‘Primitive’ (2000)
Amen – ‘We have come for your parents’ (2000)
Slipknot – ‘Iowa’ (2001)
Glassjaw – ‘Worship and Tribute’ (2002)
Fear Factory (Démos datant de 1991) – ‘Concrete’ (2002)
Vex Red – ‘Red ‘Start with a strong and persistant desire’ (2002)
The Blood Brothers – ‘Burn piano island, burn’ (2003)
The Cure – ‘Cure’ (2004)
Limp Bizkit – ‘The Unquestionable Truth Part 1’ (2005)
Team Sleep – ‘Team Sleep’ (2005) "Blvd. Nigts" et "Live from the stage"

Albums chroniqués :

Fear Factory - Concrete
Glassjaw - Everything You Ever Wanted To About Silence
Glassjaw - Workship And Tribute

 

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