Cult of Luna + Judoboy + Ataraxie + Mihai Edrisch
La locomotive, Paris, le 03/10/2004

++ L'interview de Cult of Luna (avril 2004)
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Cult Of Luna - Paris - La Locomotive

On y a d’abord pas vraiment cru à ce concert annoncé seulement sur quelques forums. Puis la rumeur c’est répandue comme une traînée de poudre sur le net. On s’est ensuite dit que c’était un dimanche, que Paris c’était loin et que lundi fallait se pointer au boulot à 9h. Après on a réalisé que sur toutes ses raisons pas une ne résistait au cas Cult of Luna et on a fini par y croire. Je vous passe le voyage qui file comme une lettre à la poste, la faute à une playlist de oufs, une franche dose d’excitation et pas mal de conneries débitées dans la voiture… On arrive sur Paris en fin d’après midi le temps de faire un tour à Montmartre et à Pigalle mais tous les magasins (de musique bien sûr) sont fermés. Après ce bain touristique, on poireaute un peu devant la salle à retrouver quelques potes. Les portes s’ouvrent enfin, le stand Cult of Luna est juste à l’entrée je me jette dessus et attrape un « Salvation » (en digipack s’il vous plait). On est ensuite accueilli par la cohorte de lyonnais qui accompagne Mihai Edrisch, la veille le concert à Metz avec Daïtro a été plutôt bon, on en espère autant pour ce soir.

Mihai endrisch - Paris - La Locomotive La salle se remplit petit à petit et sur le coup des 19h30 Mihai Edrisch monte sur les planches. Supporté par toute l’équipe Alchimia – Waiting for an angel et autres lyonnais assimilés, le groupe ne tarde pas à prendre ses marques et se lâche bien. On les sent un peu stressés de se retrouver sur une scène à deux mètres de haut alors que la veille encore ils jouaient au milieu du public. Ils attaquent par un nouveau morceau, toujours dans la même veine que ceux de « L’un sans l’autre ». Le set sera court et intense. Tantôt recroquevillés sur eux-mêmes, tantôt envoyant voler leurs instruments les musiciens vivent leur musique à fond. Aux accélérations épiques répondent les parties calmes et ambiancées. Le public encore assez dispersé réagit assez bien à ces débordements d’émotions chaotiques. C’est déjà le moment de partir pour Mihai Edrisch après un dernier morceau lui aussi nouveau. Dommage que le son n’est pas été au top tout le long surtout sur les passages les plus énergiques. J’attend donc impatiemment de les revoir dans une petite salle pour un set plus long.

L’entracte ne dure pas et Ataraxie se présente en terre pas vraiment inconnue puisqu’ils sont de Paris. Quelques connaisseurs s’avancent et la fosse est déjà nettement plus remplie. Le groupe qui m’était jusqu’alors inconnu officie dans un registre doom-métal. Toutefois le groupe ne s’enferme pas dans les clichés du genre et sait aérer ses compositions de passages en son clair de très bon effet et d’accélérations thrashesques, elles par contre pas toujours du meilleur effet à mon goût. Souvent instrumental quand le chanteur se met à la tâche c’est pour déverser son flot de borborygmes. La voix caverneuse et les riffs d’une lenteur époustouflante repris en boucle auront tôt fait de nous assommer mais quelque part c’est l’effet recherché alors le public apprécie et se met à headbanguer. Le set se déroule sans encombre et après une quarantaine de minutes le groupe cède sa place.

Ataraxie - Paris - La Locomotive
Judoboy - Paris - La Locomotive Judoboy fait ce soir son premier concert depuis huit mois et l’accident les séparant d’un de leurs guitaristes. Pas forcément facile d’assurer dans ces conditions-là mais le groupe s’en tire plus que bien. Jouant peut-être un peu trop sur les clichés, le groupe tombe sous le coup des comparaisons faciles avec Refused ou Converge. Loin de cracher sur ces groupes j’apprécie donc grandement le show débordant d’énergie. Les 4 nancéens enchaînent les titres survoltés, le chanteur se charge du spectacle et occupe la scène du mieux qu’il peut, saute et court de partout. Ca passe vite, très vite même. Le public devant cette décharge électrique reste malgré tout bien calme.
Ca y est on y est. Cult of Luna a ce soir la lourde tâche de défendre en live son « Salvation », virage en épingle à cheveux (pratique pour faire tenir la mèche) ou presque dans leur carrière. Un seul morceau de « The Beyond » sera donc joué. J’avais pu les voir 6 mois auparavant alors qu’ils étaient en pleine phase d’écriture de ce nouvel opus. Un des guitaristes m’avait alors confié en interview vouloir prendre une nouvelle orientation. Les deux nouveaux morceaux joués ce soir-là en étaient la parfaite démonstration. Le défi était de conserver la même lourdeur et le même côté pesant sans pour autant passer par le mur de son qui les avait fait connaître. Pari difficile mais que Cult of Luna relève haut la main. Dès les premières notes ou au moins dès les premiers balbutiements de son puisque c’est plus ce à quoi ressemble le début du set, on est transporté et on ne repose les pieds sur terre que une heure et demie plus tard. Le jeu de lumière est parfait, spots tournoyants et effets stroboscopiques se succèdent au gré des ambiances installées. Cult Of Luna - Paris - La Locomotive
Cult Of Luna - Paris - La Locomotive Les explosions sonores se font attendre, le groupe nous fait trépigner, les morceaux s’allongent et flirtent souvent avec la dizaine de minutes comme ce « Echoes » qui ouvre Salvation.

On n’a plus d’autres choix que de se laisser aller au headbanging. Le chanteur se retire pour les passages instrumentaux et revient pour hurler de sa voix à la limite de l’humanité toujours dans sa pose si caractéristique, agrippé à son pied de micro comme à une dernière amarre. Mention spéciale au batteur qui maltraite ses fûts comme rarement j’avais vu ça. Le show passe à une vitesse foudroyante. Difficile de se souvenir combien de morceaux ont été joué mais je serais tenté de dire que la totalité de « Salvation » a été interprétée…

A peine le temps de se remettre de toutes ses émotions et il est déjà temps de partir. Une soirée que je ne suis pas prêt d’oublier et qui se rapproche de la soirée de l’année. Seul hic, il manquait quelques personnes pour que l’orga rentre dans ses frais. Si vous voulez continuer à voir des concerts, vous savez ce qu’il vous reste à faire, allez y !

Et puis pour la peine voilà la playlist de la caisse :

Iscariote - Necropole trauma
Amanda woodward - La décadence de la décadence
Cult of luna - s/t
Robocop Kraus - Living with other people
Marilyn Manson - Antichrist superstar
Envy - All the footprints you’ve ever left and the fear expecting ahead
Neurosis - Times of grace
Queens of the stone age - live
Brazen - Orphaned
Knut - Challenger
Mastodon - Remission
Botch - We are the romans
Gantz/Cleaner - split
Callisto - Ordeal of the century
Daitro - Je me consumme

Mihai endrisch - Paris - La Locomotive Judoboy - Paris - La Locomotive Judoboy - Paris - La Locomotive
  Ataraxie - Paris - La Locomotive  

Review et photos par Zozzal

 

   
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