C’était il y a deux semaines, je sais, mais il est
encore temps d’en parler. Le Printemps de Bourges s’est
déroulé du 17 au 22 avril dernier, avec son lots de
concerts, de découvertes et de têtes d’affiches
diverses et variées. Mais la soirée qui nous intéresse
est bien évidemment celle qui s’est déroulée
le samedi 21 au 22 Est/Ouest. Soirée métal/hardcore
avec au programme sept groupes (Sikth a annulé son set de
ce soir là), répartis sur deux petites salles, le
22 Est et Ouest. Ce soir là, on a donc pu écouter/voir/découvrir
: Manimal, Transmission O, Kruger,
Ephel Duath, Sleppytime Gorilla Museum,
Death Before Disco et Enter Shikari.
 |
Je ne suis pas vraiment arrivée à
l’heure, je suis passée faire un tour tout d’abord
au concert de Mitsoura, la chanteuse qu’on
a pu découvrir dans le film « Gadjo Dilo ».
La jeune demoiselle, tzigane dans les veines, a offert un
set hyper carré, peut-être pas assez vivant mais
très bon. Elle était accompagnée de quatre
musiciens de malades : un percussionniste assis en tailleur
sur une table, un violoniste/clarinettiste très oriental,
un tripoteur de machine hallucinant et un pianiste/xylophoniste
tout aussi bon.
Tout cela donnait une sorte de world music électronique
assez inhabituelle mais tout de même prenante. Une fois
le set terminé, je décide donc de me bouger
le fion pour rejoindre mes compatriotes métalleux,
au détriment du set suivant « Ukulélé
mania » (qui paraît-il était à chier
!). |
Après moult pérégrinations
dans les rue de Bourges que je ne connais pas trop, je finis
par trouver le 22 d’Auron, et au son, je sais que je
suis au bon endroit ! J’arrive, alors que dans une salle,
Ephel Duath tente de convaincre un petit
public pas très motivé, et que dans l’autre
ce sont les amis de Transmission O qui se
préparent.
Ephel Duath termine son set tant bien que
mal, sans véritable succès, il n’y a pas
grand monde, et moi-même je ne suis pas convaincue par
leur son hardcore.
|

|

|
Je vais donc jeter une oreille de l’autre
côté, dans la seconde salle, le côté
Ouest où Transmission O a commencé
son set.
Je reste quelques minutes, mais je ne suis pas encore convaincue,
décidemment, je suis peut-être sur le point de
regretter mon accréditation mais je ne désespère
pas. Une bière pour passer le temps, une petite discussion
avec un photographe et je vois que Sleepytime Gorilla
Museum ente en scène et que ça a l’air
de bien chauffer dans la salle.
Et là, c’est la révélation. Le
22 Est va être mon domicile de la soirée ! Les
californiens de Sleepytime Gorilla Museum
sont des musiciens totalement déjantés qui nous
offrent une sorte de death expérimental déstructuré
du feu de dieu, et qui semble faire l’unanimité
dans le public. Les cinq musiciens dont une violoniste/chanteuse
et un guitariste/percussionniste sur des gamelles, sont tous
allumés et leur musique l’est toute autant. |
Le chanteur, n’en parlons pas, c’est
plus qu’un chanteur, c’est une voix hors du commun,
grave, éraillée, tuée.
Un vrai régal, surtout pour le dernier morceau «
Sleep is wrong », qui se termine par une mise en scène
théâtrale et des jeux de voix hallucinants. Tout
le monde est sous le charme, ça pogote dur et leur
succès est complet.
Grosse découverte pour moi, comme pour mon baromètre
de la soirée, une djeuns qui me confirmera que SGM
c’était une grosse claque dans la face. L’album
sort en France le 31 mai, restez sur vos gardes, ça
va faire mal. |
 |
 |
Je décide donc d’élire
domicile dans le côté Est de la salle mais je
vais quand même jeter un œil à l’Ouest
quand Manimal poursuit son set. Pas mal me
dis-je, le public est venu pour eux en masse, on sent les
amateurs de Psykup venus supporter le chanteur. Le set est
bon, bien réglé, tout le monde est à
fond, mais je repasse quand même à l’Est
car Death Before Disco va arriver.
J’avais entendu parler de ces petits belges depuis
un moment, il était temps que je vois ce que ça
donne. Et je n’ai pas été déçue
: de la bonne musique mais aussi de la bonne rigolade. |
| Outre le fait que le chanteur soit le frère
jumeau caché de Guillaume Canet (miam !), et que des
groupies émo dans le public leur fasse des cœurs
avec les mains comme un public de la Starac’ en rut,
musicalement, ça vaut le détour.
Les DBD font un set émo/hardcore qui me rappelle du
Lost Prophets, et sur scène comme dans la fosse ça
bouge bien. En prime on aura eu le droit à un «
je-divise-la-salle-en-deux-et-tout-le-monde-pogote »
à la Pleymo des beaux jours, ça tombait bien
c’est le moment où tous les photographes AFP
et régionaux se sont pointés, du coup on a bien
vu que les concerts de métal, c’est violent !
|
 |
 |
Mais revenons-en à DBD, un bon groupe,
mélodique et trash à la fois, une autre bonne
surprise pour moi. (Dernier album « Barricades »,
sorti en juillet 2006)
Le set se termine, la salle se vide, et j’attends alors
Enter Shikari, qui apparemment est le clou
de cette soirée. Il est déjà plus d’une
heure du matin, pas mal de gens sont déjà rentré
chez eux mais il reste encore quelques indécrottables
qui, comme moi, ne lâchent pas l’affaire. |
La salle se remplie, les lumières s’éteignent.
Ca y est, les voilà qui vont entrer sur scène
où les attendent des machines dignes des plus grandes
raves londoniennes des années 90, ça sent le groupe
qui aime le mélange de genres et moi j’aime ça.
Les sons techno commencent à résonner dans la
salle, des petites lumières clignotantes rouges apparaissent
sur scène (c’est des bagues lumineuses qu’ils
ont aux doigts !), et là, la claque à nouveau.
Enter Shikari débarque à grands
coup de pompes de skate dans la gueule du public, le batteur
saute dans la fosse et lance un pit de malade, le concert commence,
c’est déjà de la folie. Ces britanniques
sont soit totalement cinglés, soit sous acide mais en
tout cas ça dépote. Leur son, c’est du hardcore
mêlé à de la grosse techno, des grosse grattes
et des grosses basses. Pour situer, je dirai qu’avec les
Klaxons, on a la version pisseuse du mélange techno/rock,
là, Enter Shikari, c’est pour
les gros durs. |
 |
 |
Jusqu’à plus de deux heures du
matin, les gars vont nous balancer un set de fous, ils sautent
dans tous les sens, entrecoupé de break hardtek à
faire frémir les free de France et de Navarre.
Je sors de là totalement hallucinée, et d’ailleurs
je me suis jetée sur leur album, que j’écoute
en ce moment ! (Enter Shikari « Take to the Skies »,
chez PIAS) |
A 3h30 du mat’ j’arrive chez moi
fracassée, sourde, avec mal partout. C’était
donc une bonne soirée ! Bien que je n’aie retenu
que le côté Est de la soirée, je suis
persuadée que Kruger a aussi eu son
petit succès pendant leur set, même si je ne
suis pas allée voir ce qu’il se passait.
Au passage, deux groupes en ont profité pour faire
leur promo : H-Tray et Eternal Tango, en offrant des Cd au
public, et je ne manquerai pas de vous parler d’eux
prochainement of course ! |
 |
Review par Leeloo
Photos officielles du Printemps de Bourges
|