Soirée Métal, Printemps de Bourges, Samedi 21 avril 2007, 22 Est/Ouest.

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C’était il y a deux semaines, je sais, mais il est encore temps d’en parler. Le Printemps de Bourges s’est déroulé du 17 au 22 avril dernier, avec son lots de concerts, de découvertes et de têtes d’affiches diverses et variées. Mais la soirée qui nous intéresse est bien évidemment celle qui s’est déroulée le samedi 21 au 22 Est/Ouest. Soirée métal/hardcore avec au programme sept groupes (Sikth a annulé son set de ce soir là), répartis sur deux petites salles, le 22 Est et Ouest. Ce soir là, on a donc pu écouter/voir/découvrir : Manimal, Transmission O, Kruger, Ephel Duath, Sleppytime Gorilla Museum, Death Before Disco et Enter Shikari.

Mitsoura

Je ne suis pas vraiment arrivée à l’heure, je suis passée faire un tour tout d’abord au concert de Mitsoura, la chanteuse qu’on a pu découvrir dans le film « Gadjo Dilo ». La jeune demoiselle, tzigane dans les veines, a offert un set hyper carré, peut-être pas assez vivant mais très bon. Elle était accompagnée de quatre musiciens de malades : un percussionniste assis en tailleur sur une table, un violoniste/clarinettiste très oriental, un tripoteur de machine hallucinant et un pianiste/xylophoniste tout aussi bon.

Tout cela donnait une sorte de world music électronique assez inhabituelle mais tout de même prenante. Une fois le set terminé, je décide donc de me bouger le fion pour rejoindre mes compatriotes métalleux, au détriment du set suivant « Ukulélé mania » (qui paraît-il était à chier !).

Après moult pérégrinations dans les rue de Bourges que je ne connais pas trop, je finis par trouver le 22 d’Auron, et au son, je sais que je suis au bon endroit ! J’arrive, alors que dans une salle, Ephel Duath tente de convaincre un petit public pas très motivé, et que dans l’autre ce sont les amis de Transmission O qui se préparent.

Ephel Duath termine son set tant bien que mal, sans véritable succès, il n’y a pas grand monde, et moi-même je ne suis pas convaincue par leur son hardcore.

Transmission 0

Je vais donc jeter une oreille de l’autre côté, dans la seconde salle, le côté Ouest où Transmission O a commencé son set.

Je reste quelques minutes, mais je ne suis pas encore convaincue, décidemment, je suis peut-être sur le point de regretter mon accréditation mais je ne désespère pas. Une bière pour passer le temps, une petite discussion avec un photographe et je vois que Sleepytime Gorilla Museum ente en scène et que ça a l’air de bien chauffer dans la salle.

Et là, c’est la révélation. Le 22 Est va être mon domicile de la soirée ! Les californiens de Sleepytime Gorilla Museum sont des musiciens totalement déjantés qui nous offrent une sorte de death expérimental déstructuré du feu de dieu, et qui semble faire l’unanimité dans le public. Les cinq musiciens dont une violoniste/chanteuse et un guitariste/percussionniste sur des gamelles, sont tous allumés et leur musique l’est toute autant.

Le chanteur, n’en parlons pas, c’est plus qu’un chanteur, c’est une voix hors du commun, grave, éraillée, tuée.

Un vrai régal, surtout pour le dernier morceau « Sleep is wrong », qui se termine par une mise en scène théâtrale et des jeux de voix hallucinants. Tout le monde est sous le charme, ça pogote dur et leur succès est complet.

Grosse découverte pour moi, comme pour mon baromètre de la soirée, une djeuns qui me confirmera que SGM c’était une grosse claque dans la face. L’album sort en France le 31 mai, restez sur vos gardes, ça va faire mal.

Sleepytime Gorilla Museum
Manimal

Je décide donc d’élire domicile dans le côté Est de la salle mais je vais quand même jeter un œil à l’Ouest quand Manimal poursuit son set. Pas mal me dis-je, le public est venu pour eux en masse, on sent les amateurs de Psykup venus supporter le chanteur. Le set est bon, bien réglé, tout le monde est à fond, mais je repasse quand même à l’Est car Death Before Disco va arriver.

J’avais entendu parler de ces petits belges depuis un moment, il était temps que je vois ce que ça donne. Et je n’ai pas été déçue : de la bonne musique mais aussi de la bonne rigolade.

Outre le fait que le chanteur soit le frère jumeau caché de Guillaume Canet (miam !), et que des groupies émo dans le public leur fasse des cœurs avec les mains comme un public de la Starac’ en rut, musicalement, ça vaut le détour.

Les DBD font un set émo/hardcore qui me rappelle du Lost Prophets, et sur scène comme dans la fosse ça bouge bien. En prime on aura eu le droit à un « je-divise-la-salle-en-deux-et-tout-le-monde-pogote » à la Pleymo des beaux jours, ça tombait bien c’est le moment où tous les photographes AFP et régionaux se sont pointés, du coup on a bien vu que les concerts de métal, c’est violent !

Death Before Disco
Death Before Disco

Mais revenons-en à DBD, un bon groupe, mélodique et trash à la fois, une autre bonne surprise pour moi. (Dernier album « Barricades », sorti en juillet 2006)

Le set se termine, la salle se vide, et j’attends alors Enter Shikari, qui apparemment est le clou de cette soirée. Il est déjà plus d’une heure du matin, pas mal de gens sont déjà rentré chez eux mais il reste encore quelques indécrottables qui, comme moi, ne lâchent pas l’affaire.

La salle se remplie, les lumières s’éteignent. Ca y est, les voilà qui vont entrer sur scène où les attendent des machines dignes des plus grandes raves londoniennes des années 90, ça sent le groupe qui aime le mélange de genres et moi j’aime ça. Les sons techno commencent à résonner dans la salle, des petites lumières clignotantes rouges apparaissent sur scène (c’est des bagues lumineuses qu’ils ont aux doigts !), et là, la claque à nouveau.

Enter Shikari débarque à grands coup de pompes de skate dans la gueule du public, le batteur saute dans la fosse et lance un pit de malade, le concert commence, c’est déjà de la folie. Ces britanniques sont soit totalement cinglés, soit sous acide mais en tout cas ça dépote. Leur son, c’est du hardcore mêlé à de la grosse techno, des grosse grattes et des grosses basses. Pour situer, je dirai qu’avec les Klaxons, on a la version pisseuse du mélange techno/rock, là, Enter Shikari, c’est pour les gros durs.
Enter Shikari
Enter Shikari

Jusqu’à plus de deux heures du matin, les gars vont nous balancer un set de fous, ils sautent dans tous les sens, entrecoupé de break hardtek à faire frémir les free de France et de Navarre.

Je sors de là totalement hallucinée, et d’ailleurs je me suis jetée sur leur album, que j’écoute en ce moment ! (Enter Shikari « Take to the Skies », chez PIAS)

A 3h30 du mat’ j’arrive chez moi fracassée, sourde, avec mal partout. C’était donc une bonne soirée ! Bien que je n’aie retenu que le côté Est de la soirée, je suis persuadée que Kruger a aussi eu son petit succès pendant leur set, même si je ne suis pas allée voir ce qu’il se passait.

Au passage, deux groupes en ont profité pour faire leur promo : H-Tray et Eternal Tango, en offrant des Cd au public, et je ne manquerai pas de vous parler d’eux prochainement of course !

Kruger

Review par Leeloo
Photos officielles du Printemps de Bourges

 

   
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