
Installée au balcon dans la salle de l'Ancienne Belgique,
à Bruxelles, c'est religieusement que je fixe mon regard
sur la scène lorsque les lumières s'éteignent.
Sur le côté de la scène, on peut apercevoir
Billy. Le crâne rasé, très grand et tout de
blanc vêtu, ça ne peut être que lui. Il attend
puis se lance. Tout le monde hurle, certains pleurent de joie. C'est
l'euphorie qui gagne le public belge. On découvre pour la
première fois la nouvelle formation des Smashing Pumpkins.
Naturellement toujours au rendez-vous, Jimmy Chamberlin derrière
sa batterie qui rayonne. Visiblement, ça lui manquait beaucoup
de jouer en public. Pour le troisième concert de la tournée
Zeitgeist, il semble plus motivé que jamais. C'est avec timidité
que le sosie de Sean Lennon, flanqué d'une collerette (tel
un vilain de comics) prend place à la gauche de Billy, empoignant
sa guitare, c'est le remplaçant de James Iha, j'ai nommé
Jeff Schroeder. A la droite de Billy, une jeune bassiste (27 printemps),
coiffée d'une couette saillante comme on en voit sur les
photos de pin-up des années 50, vêtue d'une robe blanche,
mettant en valeur un joli petit postérieur. Il s'agit de
Ginger Reyes. Aux dernières nouvelles, c'est uniquement pour
cette tournée que les Pumpkins compteront au clavier la présence
de l'énigmatique Lisa Harriton, coiffée d'une casquette
militaire qui rappelle un peu l'esthétique de la période
The Golden Age of Grotesque de Manson.
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Le groupe porte des fringues blanches de chez
chut-chut-pas-de-marque. Pour compléter le tableau,
imaginez derrière le groupe un grande drapeau américain
en noir et blanc redessiné par Billy Corgan avec un
coeur SP et des étoiles blanches faites à la
main (on reconnaît l'écriture de Billy). C'est
au bout de deux ou trois chansons que le drapeau tombe. L'échauffement
est fini, les choses sérieuses vont commencer.
Les tubes d'antan ressortis de leurs disques poussiéreux
sur cette scène bruxelloise rendront les plus sages
complètement hystériques. C'est à ma
gauche qu'un homme d'une cinquantaine d'années se met
à hurler puis à chanter les paroles de "Today",
"BWBW" ou encore "Tonight, Tonight". J'ai
été, pour ma part, un peu déçue
par la nouvelle version de "Glass and the Ghost Children".
L'intro avec cette ligne de batterie et ces mélodies
sur l'album ont été complètement ré-écrite.
Le tempo et les paroles uniquement restent inchangés.
J'ai trouvé que c'était trop linéaire.
Elle perd tout son côté mystique pour finalement
n'être "qu'une vague chanson de plus dans un set"
alors qu'en octobre 2000, la compo qui m'avait fait le plus
vibrer à la Halle Tony Garnier de Lyon, c'était
bien "Glass and the Ghost Children". |
Les nouvelles chansons sont pas mal. Le single
"Tarentula" avait été rendu public,
quelques jours auparavant sur les radios et divers sites internet.
C'était donc sans surprise qu'une grande partie du
public se mit à hurler à l'écoute des
premières notes jouées, puis se mit à
chanter en choeur avec Billy. Ce sont certainement les mêmes
qui avaient réussi à obtenir les places à
l'ouverture de la vente le 10 avril entre 11h00 et 11h27 (heure
à laquelle le concert était déclaré
complet). Beaucoup ont tout de même admis leur préférence
pour "Starz" alors que "God & Country",
par son ambiance plus sereine, me donne d'avantage que les
autres, envie d'acheter l'album. Pourtant dans l'ensemble,
rien ne semblait taper dans le neuf. On reconnaît le
style Pumpkins des époques Siamese Dream et Mellon
Collie. C'est un come back qui attirera les fans d'il y a
10 ans, ceux-là même qui juraient les Pumpkins
finis avec l'album Adore en raison de son côté
electro et trop intimiste.
A ce concert, en plus de quelques moments de complicité
très fortes entre Billy et Jimmy, le public de l'AB
aura pu admirer, comme le public parisien, quatre jours auparavant,
un Billy intimiste, seul ou presque (Lisa était au
clavier mais bon, ça aurait pu être une plante
que ça n'aurait pas grandement changé la donne)
jouant 4 chansons avec sa guitare acoustique. "Thirty-Three"
est joué sur une guitare à 12 cordes. "Rocket",
"Winterlong" et "To Sheila" sont également
joués en acoustique. |
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C'est avec beaucoup d'émotion que Billy
et Jimmy finissent "Untitled", chanson qui marque
la fin des Pumpkins en fin 2000. C'est à ce moment-là
qu'on voit très clairement qu'ils sont toujours aussi
complices et que malgré toutes les épreuves qu'ils
ont traversé (entre autres, l'overdose de Melvoin, le
renvoi de Jimmy, la séparation des Pumpkins,...), ces
deux-là sont toujours aussi soudés. Une amitié
qui a presque 20 ans d'ailleurs ! |
En ce qui concerne les deux autres, leur présence
n'aura servi que musicalement. Un peu du genre "mets-toi
là, joue et tais-toi". Est-ce parce qu'ils sont
nouveaux, l'angoisse de jouer devant un public si enthousiaste
ou serait-ce une directive de Corgan. Les mauvaises langues
ayant cataloguées le leader comme un grand dictateur
auront fermé les yeux sur les efforts de Jeff pour
s'imposer sur scène. De maigres efforts certes mais
à Bruxelles, on aura vu jouer Billy et Jeff l'un en
face de l'autre, se parler parfois alors qu'à Paris,
semble-t-il, ils étaient presque comme deux étrangers.
La jeune Ginger a complètement fait potiche. On s'accorde
à dire, à la sortie du concert, que des trois
bassistes (D'arcy Wretsky-Brown et Melissa Auf Der Maur),
elle est celle qui a le moins de charisme. Sur le net, on
saura trouver des vidéos où elle paraît
être une jeune bimbo faisant de la basse pour passer
le temps, ayant le QI de son chien mais rotant comme un routier
sans vergogne, pourtant samedi soir, Ginger n'aura ouvert
la bouche que pour faire les choeurs sur certaines chansons.
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Au bout de trois heures d'un set magnifique et de deux
rappels, les Pumpkins s'en vont. Billy ne nous aura pas officiellement
présenté ses deux nouveaux copains de jeu. Les
nouvelles chansons et les anciennes se seront mélangées,
alternant la présentation du nouvel album et les souvenirs
qui reviennent à la surface. Etant donné que
personne n'est en possession de l'album, ça nous aura
tous laissé sur notre faim. Nombre d'entre nous aurions
aimé connaître les chansons pour chanter du début
à la fin du concert mais ce n'est pas bien important.
Nous avons eu un aperçu de ce qui arrivera en juillet
dans les bacs. Ce concert fut plus un excellent moyen de renoué
avec le public, plus que d'assurer la promotion d'un album
en attente. |
* Les petits moments anecdotiques :
Quelques ballons gonflés volent dans la salle depuis le
début du concert. Entre deux chansons, l'un d'eux arrivent
sur Billy. Celui-ci l'attrape, s'approche de Jeff, semble lui accrocher
le ballon sur sa sangle de guitare. La scène se passe dans
l'obscurité, entre deux chansons. Billy s'éloigne.
Ceux du public ayant fait attention à ce petit passage comique,
espèrent que Jeff tiendra quelques minutes avec le ballon
mais Jeff préférera le rendre à la foule.
Avant "God & Country", Billy Corgan annonce : "Oui.
Pour n'importe quelle question, c'est "oui"." Cette
attention envers le public est plus réservée que celle
qu'il fit à Paris où les français ont pu se
voir gratifié d'une annonce exceptionnelle. Non, ce ne sont
pas les soldes chez Jenifer ou bien le rayon boucherie à
moins 10% chez Carrouf mais bien Billy qui déclare : "Les
Smashing Pumpkins sont vos amis. Si vous avez besoin d'une épaule
pour pleurer, d'un coup de main ou d'argent pour payer le loyer,
les Smashing Pumpkins...". Et après, on dira que Mr
Corgan n'a pas le sens de l'humour.
*Set-List*
United States
Today
Stand Inside Your Love
That's the way
Orchid
7 shades of black
Home
Hummer
Bullet with Butterlfy Wings
God & Country
33
Rocket
Winterlong
To Sheila
Glass & the Ghost Children
Tonight, Tonight
Tarentula
Startz
Zero
Neverlost
Doomsday Clock
Lucky 13
1979
Disarm
Cherub Rock
Untitled
--- Rappel ---
Shame
Silverfuck
--- Rappel ---
Muzzle
Gossamer
Review et photos par Miloon
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